Depuis mercredi soir, les supporters de l’ETG n’ont plus que ça en tête, et la tension monte petit à petit, poussant les acteurs du conflit à faire monter les enchères. Après plusieurs jours de tension, le manque d’information, de communication et de prise de recul a conduit à un début de guerre de tranchée dans laquelle personne n’a à y gagner : ni le club, ni les supporters, et encore moins les joueurs.

Aujourd’hui il apparait indispensable qu’un état des lieux et des faits soit réalisé afin que chaque partie comprenne les position des autres et que le dialogue puisse reprendre, que les problèmes soient réglés, car on a tous la même envie : aider le club a gagner. Personne n’a d’intêret à ce que ça finisse dans une issue.

L’objectif n’est pas de juger, de désigner un vainqueur ou de donner des leçons, mais d’apporter un éclairage à chacun, concerné ou non, sur cette histoire, et que chacun prenne ses responsabilités pour aller dans le bon sens.

La réunion club / supporters

Commençons par expliquer les faits, tels qu’ils ont été rapportés par les supporters et par Julien Babaud, journaliste au Dauphiné Libéré.
Mercredi soir avait lieu une réunion entre les clubs de supporters et le club. De nombreux supporters y étaient présents ainsi que le président, l’entraineur, le chargé de communication du club et 3 joueurs cadres.

Il y a été question de la chute d’affluence au Parc des Sports, du prix des places, des blessures des joueurs ainsi que de l’éviction de Bernard Casoni. On ne jugera pas sur la manière dont se sont passés les débats, puisque nous n’y étions pas.

Mais dans cette réunion, nombreux ont été les témoignages de supporters qui ont eu l’impression de réponses très agressives des différents représentants du club, pour des questions que pourtant de nombreux supporters se posent.

Il a été également peu apprécié l’intervention du chargé de communication du club, Julian Dupraz, sur les commentaires des supporters faits sur les réseaux sociaux. Il a même reproché au responsable des Brigada 74 son intervention sur ODS radio après le match à Sochaux :

Ods est une radio partenaire, et tu n’aura plus le droit de parole sur leur antenne.

A ce sujet, Francois Quairel d’ODS Radio a tenu à préciser que personne n’est interdit d’antenne sur la radio, que ce n’est pas dans leurs habitudes, et que d’ailleurs personne n’a demandé à ce que quelqu’un le soit. Le ton était donné : le club n’aime pas les critiques et le fait savoir, au point de dire avec assurance qu’il peut influer sur les choix de journalistes privés sur le simple principe qu’ils sont partenaires du club.

Et de partenaires, l’histoire ne s’arrêtera pas là, lorsque le site officiel publiera un communiqué invraisemblable pour faire pression sur le journaliste Julien Babaud du Dauphiné Libéré, eux aussi partenaires du club, après qu’il ait relaté les faits qui se sont passés à cette réunion. De nombreux journalistes se sont étonnés qu’un club puisse se permettre un tel communiqué, sans même prendre la peine de donner leur version des faits. Mais la rédaction du Dauphiné Libéré a évidemment soutenu son journaliste comme l’explique le site Croixdesavoiefans.net :

Dans un billet d’humeur, il rappelle que « Julien Babaud, journaliste à part entière de la rédaction sportive n’a fait que son devoir : informer le lecteur. », soulevant que les dirigeants agacés de ce qui peut se dire en tribune « voudraient maîtriser leur communication de A à Z. ».
« Le(s) auteur(s) de cette mise au point très ciblée se sont vraisemblablement laissé(s) emporter »

Le rang de ceux qui considèrent que le club est en train de dépasser les bornes en ce qui concerne la maitrise de sa communication et à l’exprimer se fait tout de même très important. Sans oublier ceux qui ne l’expriment pas encore publiquement mais qui n’en pensent pas moins.

En terme de communication, deux fautes professionnelles GRAVES ont été commises en 3 jours, la colère des supporters est donc complétement compréhensible. Si les choix sur les tarifs, le cas Casoni ou ce qui est des blessures sont peut-être des erreurs, il ne s’agirait que de mauvais choix, et nul n’est parfait, les erreurs font partie de la vie. Mais ici, ce sont des fautes professionnelles graves qui dans de nombreux entreprises aboutirait sur des sanctions. Il est temps que le club comprenne qu’on ne peut pas dire tout et n’importe quoi et que les supporters, les journalistes et les blogueurs ont le droit de donner leur avis, et que ça ne fait pas d’eux pour autant des ennemis, bien au contraire.

La réaction de Pascal Dupraz à la sortie du match est aussi incompréhensible, à moins qu’il n’ait pas conscience de la raison du coup de gueule des supporters :

Je veux blâmer les groupes de supporters ou pseudo-supporters quand ils crient « Direction démission ». Cette dizaine d’énergumènes ne mérite pas un club comme le nôtre. Comme on est un club qui se construit on a parfois des difficultés mais on n’a pas à rougir et on va se battre (…) Je suis touché pour ma direction et mon président car je sais le travail qui est fait. Si on est là, ce n’est pas par hasard. On a stoppé l’hémorragie à domicile sans ces supporters que j’invite à supporter d’autres équipes.

Alors oui il a raison : la direction actuelle est à féliciter pour de très nombreux aspects, qui ont permis à ce club de gravir les échelons. Oui également, demander la tête de la direction pour cet incident est sans doute disproportionné. Mais non, ces gens là ne sont pas des pseudos-supporters. Ce sont les mêmes qui essayent comme ils le peuvent de mettre de l’ambiance dans un stade encore très froid. Ce sont les mêmes qui font des milliers de kilomètres par an alors que parfois les joueurs ne se déplacent pas pour les remercier en fin de match. Ce sont les mêmes qui ont fait l’aller-retour à Sochaux pour rien il y a quelques jours. Ce sont les mêmes qui prennent beaucoup de leur temps et de leur argent, et qui font des sacrifices pour le club qu’ils aiment. Alors les considérer comme des pseudo-supporters, ce la part de vous Monsieur Dupraz, qui représente beaucoup dans le coeur de ces supporters, c’est une insulte qui n’avait pas lieu d’être.

Il est temps désormais que chacun renoue le contact, avoue ses erreurs, reprenne son calme, et prenne les bonnes décisions pour avancer dans le même sens : celui de l’équipe.

Il faut que le club donne sa version sur cette réunion de mercredi, qu’ils fassent un éclaircissement sur ce qu’ils reprochent au journaliste Julien Babaud et qu’ils s’excusent pour ce communiqué et qu’ils prennent leurs responsabilités pour mettre un terme à cette mauvaise habitude qui consiste à vouloir faire taire tout le monde.

Il faut que les supporters essayent de retrouver leur calme dans cette période de décision pour le futur stade et qu’ils essayent de conserver la faculté de différencier le club et l’équipe.

En tout cas, des décisions doivent être prises car ce club ne pourra pas grandir en considérant son environnement (supporters, journalistes…) comme des ennemis.

En espérant être entendu et compris…