Patrick Trotignon, après treize journées, Évian-TG occupe la 13e place. Est-ce que vous respectez le tableau de marche fixé en début d’exercice ?

Tout à fait. La première satisfaction est la bonne adaptation de notre club aux exigences de la Ligue 1, que ce soit en matière de résultats ou de mise à niveau des installations. Il a fallu gérer les deux montées successives dans un stade qui n’est pas le nôtre, il faut appeler un chat un chat. Grâce aux aides de la collectivité d’Annecy et au travail fourni par tous, Évian-TG ne souffre pas la comparaison avec la plupart des clubs de L1. On a démarré le Championnat avec beaucoup d’appréhension. Aujourd’hui, Évian-TG est compétitif et il ne fausse pas le niveau du Championnat. C’est une grosse satisfaction.

En début de saison, ne craigniez-vous pas un parcours comme celui de Grenoble en 2010 ou d’Arles-Avignon en 2011 ?

On y pense un peu, même si je me refuse toujours de juger les autres. On avait confiance dans la qualité de notre groupe. Mais on avait aussi une petite crainte au niveau de l’adaptation. Heureusement, nos joueurs y sont arrivés. Je prends pour exemple Aldo Angoula, qui se révèle être un très bon défenseur de L1. Je pense aussi à Farina, à Cambon… Tous ont permis à Évian-TG de franchir plusieurs paliers. C’est vrai qu’avec un peu plus d’expérience, on aurait dû perdre moins de points. Je pense aux matches contre Caen et Saint-Étienne. Attention, il ne faut pas non plus nous cacher derrière notre petit doigt. Quand on a Poulsen, Leroy, Govou, ce ne sont pas des lapins de trois jours.

Justement, ces recrues vous ont-elles donné pleinement satisfaction ? Sidney Govou et Jérôme Leroy sont loin d’être irréprochables…

Ce n’est pas facile pour Jérôme et Sidney, deux garçons qui n’ont jamais joué dans des clubs formatés pour le maintien. La période d’adaptation existe. Il faut un peu de temps à Jérôme pour comprendre dans quel contexte technique il est tombé. Je n’ai pas de doute sur sa capacité d’adaptation…

Et Sidney Govou ?

C’est le sujet qui brûle les lèvres de tout le monde. Je considère que c’est trop tôt pour tirer des enseignements. Il n’a pas joué de mars à juillet. Et au moment où il commençait à toucher le graal de la forme, il s’est blessé. Il venait juste de marquer un but en amical contre Berne. Certes, le bilan ne peut pas être qualifié de positif mais il faut être patient. C’est peut-être lui qui offrira le maintien à Évian-TG !

Qu’en est-il d’un possible limogeage de Bernard Casoni ?

Jusqu’à preuve du contraire, on n’a jamais eu l’intention de changer d’entraîneur.

Entendez-vous que Bernard Casoni n’a donc jamais été en danger ?

Etre en danger signifie qu’on aurait envisagé son remplaçant. Ça n’a jamais été le cas. Non, Bernard Casoni n’a jamais été en danger ! Après, on demande aussi à un entraîneur d’être performant.

Évian-TG a été très actif sur le marché des transferts cet été, qu’en sera-t-il cet hiver ?

On n’a pas de sous. On a simplement une petite réserve pour envisager une recrue. Ce sera certainement un attaquant parce qu’on doit se préparer à la CAN (Yannick Sagbo, Saber Khlifa). Peut-être qu’on élargira notre recrutement si on se procure de nouvelles ressources avec des départs.

Felipe Saad, Hervé Bugnet et Sasa Cilinsek, qui n’ont pas joué une minute en L1, sont dans le viseur ?

Il y en a peut-être certains qui trouvent le temps long. Un joueur qui n’a pas une minute de jeu se doute bien qu’il ne fait pas partie des plans. Mais je ne leur demanderai pas de partir, ce n’est pas dans la mentalité du club. Évian-TG assume toujours ses contrats. Mais dans un monde idéal, ce serait bien de ramener le groupe à 25 ou 26 éléments. On a sans doute trois ou quatre joueurs en trop. A cette heure, personne n’a témoigné le souhait de quitter le club.

Pour en revenir à l’arrivée d’un futur attaquant, la piste Peguy Luyindula est-elle toujours d’actualité ?

Il ne faut jamais dire jamais. Mais pour l’instant, il y a d’autres pistes de réflexion. Si on doit recruter, ce sera sans doute à l’étranger. Je ne vois pas qui on prendrait en France aujourd’hui.

Propos recueillis par Stéphane Fattoretto pour France Football