Interview de Patrick Trotignon sur le Républicain Lorrain :

Quelle est votre lecture des débuts d’Evian-Thonon-Gaillard en Ligue 1 ?

« On aurait espéré avoir plus de points mais on se rend compte aussi que le club peut régater en Ligue 1. Un championnat difficile, exigeant et de bon niveau contrairement à ce que d’aucuns prétendent. »

Loïc Rémy avait justement laissé entendre que vous n’aviez pas un club de Ligue 1…

« On se fout des commentaires mais, après ce match (2-0), j’aurais dit comme lui ! Nous avons fait une visite touristique à Marseille. Une prestation honteuse ! Nous avons été tellement nuls que l’OM ne pouvait faire autrement que gagner. On reconnaît d’ailleurs qu’on a des progrès à faire. »

Etiez-vous préparé à cette ascension fulgurante ?

« Elle n’était pas programmée mais cela ne m’a pas fait peur. Chaque division a été un pas supplémentaire. Quand on fait l’état des lieux, on peut considérer que le club est prêt dans tous les domaines. Au niveau des structures, des infrastructures, on n’est pas largué. »

L’exemple d’Arles-Avignon vous inquiète-t-il ?

« Arles vit sa vie et il n’y a pas que des exemples traumatisants. Valenciennes et Toulouse ont aussi eu une ascension rapide et ils sont toujours là. »

Pourquoi avoir accepté ce challenge ?

« J’ai acquis de l’expérience à Châteauroux et au Servette de Genève puis j’ai fait une rencontre salutaire : Franck Riboud. Il m’a proposé de mener ce projet. J’ai accepté malgré un risque : je m’engageais virtuellement dans un club encore en CFA. Aujourd’hui, je m’épanouis, d’autant que je suis dans une région superbe et économiquement capable de supporter un club de Ligue 1. »

Gère-t-on de la même façon un club implanté comme Châteauroux et une jeune écurie comme ETG ?

« Les réflexes et les méthodes sont les mêmes mais j’ai l’avantage de ne pas être tenu par une histoire ou des anciens du club. Ici, je fais un peu ce que je veux dans le cadre défini par Danone qui a une éthique avec des actions vers les jeunes notamment. »

Quel est le poids de Danone dans ce club ?

« C’est le sponsor, pas le propriétaire. Franck Riboud en est le Pdg mais le club n’est pas sa danseuse, seulement un petit pourcentage de ses activités. Il y veille avec ses collaborateurs, sans interventionnisme. Au contraire, je lui demande conseil sur les décisions à prendre. Il est un magnifique soutien pour moi. »

Certains supporters réclament le nom de Croix de Savoie…

« Des bruits de bistrot. Ce n’est pas d’actualité. »

Le match de demain, pour finir, importe-t-il autant à vos yeux qu’à ceux des Nancéiens ?

« Ce match va conditionner le premier bilan car, mine de rien, on approche le premier quart de la saison. On va l’aborder avec beaucoup de détermination. Il n’y a pas besoin d’avoir fait de grandes études ou de travailler au CNRS pour savoir qu’on se retrouvera derrière Nancy si on perd. »

Source : Républicain Lorrain