« Rétablir l’ordre dans notre défense : Vaste programme ! L’interview corporate de Damien Perquis crachée dans les haut-parleurs de Bonal juste avant le coup d’envoi résumait tout. Elle aurait pu, dû, servir de pense-bête. Etre le garde-fou ultime sur ce corner de la dernière chance qui a ramené Evian dans la course aux tréfonds des arrêts de jeu (92e). M. Gautier donnait alors encore 60 secondes à jouer. Jusque-là, Sochaux tenait sa victoire en trompe l’œil. Bon an mal an. Avec l’impression d’être en permanence sur le fil du rasoir. Bon nombre d’équipes ont le chic ou la main suffisamment experte pour arriver, malgré tout, à gagner ce genre de match. Mais il faut croire que ce talent continue d’échapper aux compétences sochaliennes. Comme d’autres points cruciaux. Cette saison, Bonal avait déjà « mangé » un scénario quasi identique face à Lorient. Un retour du diable Vauvert. À ceci près qu’Aldo Angoula a vraiment aux yeux des siens réparé une injustice. Au micro, Bernard Casoni l’a souligné d’entrée : « on serait reparti frustré si on n’avait pas égalisé. On fait une très belle première mi-temps où je pense que c’est nous et notre organisation qui arrivont à faire déjouer Sochaux. En début de deuxième on aurait même dû bénéficier d’un penalty. Heureusement un match ça dure parfois 95 minutes… »

Les têtes de linotte sochaliennes l’ont oublié. Surtout Modibo Maïga. Le ralenti du but égalisateur sera confondant pour lui. Le fameux buteur providentiel jouait en DH il y a 5 ans ! Un pur amateur qui mange la soupe du futur Magpie. Brrr ça fait froid dans le dos ! Mais, il y a fort à parier que Mecha Bazdarevic ne pointera pas que ce défaut criant dans sa prochaine vidéo. Grief N° 1 ? « Notre première mi-temps a été trop gentille. On n’a pas pris de risque, on a manqué de fluidité. On a surtout encore perdu tous les duels…» L’exact opposé du projet proposé. À tel point que le technicien bosniaque a revu sa copie tactique dès le premier quart d’heure. Dans le schéma à deux pointes, où Butin remonte d’un cran, Sochaux a alors refait des pas sensés vers l’animation souhaitée. Mais le pressing exercé par les ex-cadors de Ligue 2 a été un poil à gratter ultra-pénible. Avec ce supplément de niaque ETG aurait dû logiquement faire trembler les filets. En fait c’est la barre de Teddy Richert qui a tremblé sur le missile exocet de Wass (10e). Sous la férule de ce capé danois, Evian a même par moments fait couler du jeu propre. Au cœur de la crise de marquage, Wass s’est ensuite heurté à la sortie du portier doubien. Mikari l’a ensuite déséquilibré dans la surface sans que M. Gautier ne bronche (55e). À ce moment précis Sochaux avait heureusement haussé la note. Et surtout défloré la marque. Le but d’Edouard Butin a sanctionné une belle séquence de reprise en main. Mais une maîtrise trop étriquée. À peine 25 minutes, le temps que Martin vide ses 50% de jus en réservoir. Entré en jeu à la 66e pour doper l’offre, Cedric Bakambu a également raté une balle de break qui aurait pu changer tout le scénario. On est souvent puni quand on snobe de telles offrandes. Sur ça au moins l’histoire s’est vérifiée. En faisant tout pour ne pas gagner dans la douleur Sochaux, va encore tourner au pain sec. Jusqu’à quand ?

François DIDION

Source : L’Est Républicain