ETG - Montpellier Comme le dit le dicton : « la situation est grave, mais pas désespérée ». L’ETG traverse en ce moment la pire série de sa récente période, ce qui a poussé le club dans la zone de relégation ce week-end. Une réaction s’impose désormais pour en sortir, mais avant la réaction, il faut savoir faire un bilan, le plus objectif possible. Joueurs, staff, dirigeants, supporters, on a tous une part de responsabilité, on peut donc tous faire quelque chose pour sauver le club.

Le bilan comptable

Sur les 8 dernières rencontres de Ligue 1, l’ETG est sans surprise la moins bonne équipe du championnat. 4 points pris lors de 4 matchs nuls, c’est trop peu. Pendant ce temps là tous les adversaires ont pris au moins 3 points de plus. Paradoxalement, les meilleurs matchs de cette période, tant pour le résultat que pour la manière, étaient les plus compliqués à aborder : OM et OL.

Au delà des points, l’ETG est actuellement particulièrement inoffensif en attaque. Si la défense s’est améliorée en 2013 (1 but par match contre 1,68 aux matchs aller), l’attaque est passée de 1,16 but marqués par match lors des 19 premières journées à 3 buts pour les 6 matchs joués en 2013. Si on peut mettre ce manque de réussite sur l’absence de Saber Khlifa, son retour n’a pas changé la donne et ce serait oublier le recrutement de Ninkovic qui aurait pu/du compenser.

Les joueurs

Quoi qu’on en dise, les premiers responsables, tant lorsque ça va mal que quand ça va bien, ce sont les joueurs. Ce sont eux qui courent, qui marquent, qui ratent. Les autres acteurs peuvent influer sur les résultats mais les premières critiques autant que les premières louanges sont forcément pour les joueurs.

Peut-on incriminer la motivation ?

Je ne crois pas qu’on puisse les accuser d’être feignants. Il n’y a pas dans cette équipe de joueur qui soit lancé sur le terrain par Pascal Dupraz et qui joue sans envie. Sans réussite, avec erreurs, mais pas sans envie.

L’euphorie des montées successives a disparu, mais peut-on blâmer qui que ce soit pour cela ?

Peut-on incriminer le talent ?

A y regarder de près, l’équipe actuelle est très proche de celle qu’on a tous applaudit lors de ses réussites. On y a même gagné Ninkovic, qui n’a pas grand chose à envier à Poulsen. Certains joueurs comme Khlifa ou Tie Bi ont progressé. Difficile donc de dire que les joueurs sont moins bons qu’avant.

Peut-on incriminer l’ambiance ?

Peut-être, mais cela reste une supposition toujours facile à faire. Penser que les problèmes de visa des africains pose question dans le vestiaire, que la concurrence est mal gérée etc reste du domaine de la supposition. Seul le vestiaire pourrait confirmer, ou infirmer. En tout cas de ce qu’on peut en voir aux entrainement, il ne semble pas qu’il y ait de problème particulier.

Peut-on incriminer la confiance ?

Cela parait par contre évident. La réussite n’est pas là, et pas seulement pour nos attaquants. Une forme de pression s’est petit à petit installée et jouer avec l’obligation de gagner peut être parfois lourde à porter. La manifestation de cela est sans doute le niveau technique actuel de ceux dont on connait les qualités comme Barbosa et Wass. Clairement leurs gestes sont plus imprécis en ce moment. Lorsqu’Eric Tie Bi est revenu dans les 11, il n’avait pas cette pression et a montré de bonnes qualités techniques.

Par contre les joueurs et le club doivent aussi accepter les critiques actuelles. Parce que quelques soient les raisons, elles sont justifiées. En ce moment, l’équipe joue mal. On s’ennuie et ça il faut, avant de résoudre les problèmes, accepter qu’ils existent. Ne jamais non plus oublier que quand on est châtié par ses supporters, c’est qu’ils aiment toujours l’équipe et qu’ils croient encore en elle.

Le coach

Il est toujours facile de taper sur l’entraineur. On l’aime ou on l’aime pas, mais de toute façon, quels que soient ses choix il aura toujours des gens qui ne seront pas d’accord. Certains de ses choix peuvent être discutables parfois, et encore, nous ne vivons pas dans le vestiaire et beaucoup de choses nous échappent dans ce qui concerne les choix que fait un entraineur. Pas sûr d’ailleurs que Pablo Correa ou Bernard Casoni n’auraient pas fait plus ou moins les mêmes choix.

Là où on peut lui trouver une plus grande responsabilité c’est dans une des plus grandes pertes de l’équipe cette année : son fond de jeu. L’ETG qui plaisait à ses supporters, c’était un ETG conquérant, un ETG qui construisait, un ETG qui tentait et un ETG qui cadrait. Si la réussite se provoque avec la confiance, les trois autres axes sont de vraies consignes de jeu. On doit retrouver le fighting spirit qui a permis à l’équipe de gagner des matchs, mais aussi retrouver le calme qui nous permettra de placer des attaques. La qualité technique des Ninkovic, Barbosa, Sorlin, Khlifa ou Sagbo n’ont pas disparu et ils savent encore construire des occasions séduisantes. D’ailleurs on le voit encore parfois ces temps-cis, mais trop rarement pour espérer épuiser les défenses adverses. Il serait intéressant de faire une séance vidéo de ce que l’équipe est capable de faire pour faire prendre conscience aux joueurs qu’ils en sont encore capables.

Le staff

Le staff influe sur le jeu de l’équipe par ce qu’il apporte en terme de recrutement. Et il ne faut pas oublier que l’ETG est un petit club, qui fait ce qu’il peut en terme de moyens financiers. En cela, l’arrivée de Betao correspond quand même à une amélioration défensive indéniable et Ninkovic a déjà démontré que dans une équipe en confiance il pourrait être l’un des tous meilleurs milieux offensifs de Ligue 1.

La gestion des absences des africains est un cas difficile à cerner, et dans cette situation difficile comme celle que le club traverse, sanctionner le joueur peut être aussi sanctionner le club.

Les supporters, le public

Qu’on le veuille ou non, quand l’équipe ne va pas, même les plus irréductibles sont moins motivés. Difficile de dire si cela influe sur les chants des supporters pendant les matchs, mais nul doute que cela freine certains à se déplacer à l’extérieur ou même parfois à venir au stade. En tout cas c’est le constat que l’on peut faire pour les spectateurs, de moins en moins nombreux au Parc des Sports. Et pour se transcender sur le terrain, ça fait un appui de moins, c’est indéniable.

Bilan du bilan

Comme souvent dans le football, il serait mensonger de dire que les joueurs ou le staff ont abandonné et qu’on se dirige tout droit vers la Ligue 2. Les qualités de ces joueurs, de ce groupe, on les connait, ça ne disparait pas du jour au lendemain.

Ne faudrait-il pas avoir maintenant l’objectif de bien jouer, de recommencer à se forcer à construire, à se faire plaisir ? Oublions le contexte du classement, prenons des risques, allons vers l’avant, parce que c’est en jouant bien qu’on marquera et c’est en marquant qu’on reprendra confiance. Et la confiance, c’est ce qu’on a gagné l’année dernière sur la pelouse de Saint-Etienne et qu’on a perdu en route cet été.

Côté supporters, on doit montrer qu’on est toujours là. Présents, et unis, pour montrer l’exemple aux joueurs. Alors samedi pour la 26eme journée (celle de la victoire à Saint-Etienne la saison dernière) et la reception de Montpellier, montrons l’exemple aux joueurs. Et pourquoi pas montrer l’unité du club pour le maintien par un geste symbolique, comme un regroupement de tous les supporters à leur arrivée au stade, à leur entrée sur la pelouse… Idée à creuser n’est-ce pas ?