Chronique d’un match perdu, mais bien plus encore. Le match de samedi face à Sochaux était un piège. Mais connaitre le danger parfois ne suffit pas à l’empêcher.

On était prévenus. Sochaux était en danger, Sochaux avait changé d’entraineur, l’ETG n’avait pas le droit de perdre et de relancer un adversaire direct au maintien, l’ETG était en pleine confiance…

Il « suffisait » de continuer à être sérieux pour continuer la belle série et prendre encore 3 points. C’est d’ailleurs ce vers quoi on se dirigeait avec une belle domination en début de match, ponctué par un penalty transformé par Cédric Mongongu. A ce moment du match, le FC Sochaux est celui qu’on voit depuis plusieurs matchs : timide, défensif, peu dangereux, brouillon…

Il « suffisait » alors de contenir ce match et de poursuivre ainsi pour conserver le score. Mais c’est là que tout changeait. Une erreur individuelle et on offre l’égalisation dans la foulée à Sochaux, qui n’en demandait pas tant. Et là, tout s’enchaine : de nombreuses passes ratées, une grosse faiblesse technique, l’incapacité à contourner le bloc de Sochaux et un 2eme but arrive juste avant la mi-temps.

Et comme si ça ne suffisait pas, Sidney Govou qui se blesse et qu’on perd pour 3 à 6 mois. Mais comme si ça ne suffisait pas, l’ETG offrait encore une passe décisive à Edouard Butin qui portait le score à 3-1.

A 20 minutes de la fin, le public siffle une passe en retrait de Cédric Cambon à son gardien, lui reprochant de ne pas chercher à emballer le match. Cédric se retourne vers le public pour lui faire savoir sa façon de penser, visiblement excédé. Résultat, une minute après, l’ETG bénéficie d’un corner et c’est ce même Cédric Cambon qui met sa tête et réduit l’écart.

On aurait pu croire à ce moment à une réaction d’orgueil dont ils nous ont habitué, mais rien ne viendra. L’équipe s’est fait piéger dans le bon système et la solidarité de Sochaux et le match se terminera ainsi.

Au delà des erreurs individuelles, qu’on pourra mettre sur le compte de l’excès de confiance, l’ETG a fait beaucoup trop d’erreurs pour prétendre gagner ce match. Et pourtant mathématiquement sans ces deux buts offerts, l’ETG empochait une victoire.

On le sait, dans le foot on peut être parfois galvanisé à l’extérieur ou chez soi face à un adversaire prestigieux, et enchainer par une contre performance face à un adversaire plus modeste. Tant pis pour les 3 points donnés à un adversaire direct, mais ce match ne doit pas être un marqueur du niveau et du mental de l’équipe, tout comme le match de Marseille ne devait pas l’être dans l’autre sens.

Le match référence serait plus celui de Saint-Etienne, où l’équipe est allée chercher avec le courage ce dont elle avait envie : une victoire à l’extérieur. Et globalement, ce dont elle a envie c’est le maintien. C’est sur ces même bases posées dans le Forez que l’équipe doit aller chercher le maintien.

Le coup dur de la soirée n’est donc assurément pas la défaite, les erreurs individuelles qui ont conduit aux buts, ni même la manière, mais bien la perte de Sidney Govou. Mais avec le retour de Fabrice Ehret, Pablo Correa pourra replacer Daniel Wass à droite à la place de l’international français.

Souhaitons alors un bon rétablissement à Sidney Govou, qui n’a là pas signé sa fin de carrière, j’en suis sûr, tant il est bosseur et motivé. Il reviendra, comme il a su le faire malgré les critiques en début de saison. Comme Bertrand Laquait ou Guillaume Lacour, il saura rebondir et revenir apporter à l’équipe, à l’image de Jérôme Leroy.