Si je vous demandais la répartition des sources de revenus d’un club de Ligue 1 dans l’établissement de son budget, je ne suis pas certains que beaucoup trouveraient. Petite explication sur les sources de revenu d’un club pour mieux comprendre ce qui est vital pour sa survie.

Dans la très grande complexité des budgets et des finances d’un club de football, on pourrait croire que plus le club est bon, plus il gagne d’argent. Ceci n’est pas tout à fait vrai. Déjà, ce n’est pas parce qu’un club est bon qu’il remplira son stade et vendra des maillots. Regardez le contre-exemple que constitue Montpellier cette saison. Même si évidemment leurs chiffres s’améliorent, le stade de la Mosson n’est pas pour autant plein chaque semaine. Des clubs plus populaires comme Marseille, Bordeaux ou Toulouse empocheront à la fin de la saison finalement plus d’argent que Montpellier, même si les héraultais terminent champions.

Pourquoi ? Parce que globalement, il vaut mieux être populaire que bon pour avoir plus de primes et de réussite commerciale. Cela se voit à plusieurs niveaux.

57% des recettes proviennent des droits TV

Déjà, quand on sait que près de 6 euros sur 10 dans le budget d’un club provient de la LFP par la répartition des droits TV, on se dit qu’il ne reste plus que 43% pour tout ce qui est billetterie, merchandising, sponsoring…

Mais déjà dans ces trois parties, on comprend assez facilement que la part de la notoriété d’un club doit jouer beaucoup dans sa réussite. Evidemment que les résultats influent directement sur le remplissage du stade, les achats en boutique et donc l’envie des sponsors de signer des contrats avec le club. Mais cet effet peut être amplifié dans les bons moment et peut être atténué dans sa baisse lors des mauvais résultats grâce à une bonne image, une bonne notoriété, donc une bonne communication.

La notoriété peut représenter un tiers de la prime LFP

Quand on étudie la façon dont se calcule la prime versée par la LFP, on constate qu’une fois de plus, le calcul n’est pas aussi logique qu’il pourrait y paraître. Sachez déjà que la saison dernière, la prime fixe était la même pour tous les clubs : 12,67 millions d’euros. Ainsi, Lille, Marseille, Paris SG ou Arles-Avignon ont tous pris ce même chèque. Cela représente déjà 50% des primes versées environ.

L’autre moitié est répartie en fonction des résultats mais aussi en fonction de la notoriété du club. On a alors un quart qui est réparti en fonction du classement de la saison. Cela permet de s’apercevoir que d’aller gagner la 9eme place pour l’ETG lui ferait gagner sans doute d’office environ 800 000 euros. Jamais négligeable. Surtout qu’une autre partie (5% du total) est calculé sur la moyenne des 5 dernières saisons. Une place de prise permet d’avoir des répercussions donc sur les 5 saisons suivantes.

Mais il reste encore 22% qui sont répartis en fonction d’un indice de notoriété. Et cet indice est calculé selon le nombre d’apparitions télévisuelles au cours des soirées de matchs décalés (le samedi soir à 21h, le dimanche après-midi et le grand match du même jour à 21h). Et comme vous le savez, les diffuseurs se basent non seulement bien sûr sur les résultats, mais encore une fois sur la notoriété d’un club.

Et là encore ça n’a rien de négligeable. Prenons deux exemples :

Auxerre sur les 5 dernières saisons est le 6eme club dans les résultats, mais seulement 11eme en terme de notoriété. Ils n’ont alors eu que 2,93 millions d’euros à ce titre.
En comparaison, Toulouse, placé en moyenne 8eme sur les 5 dernières saisons, travaille farouchement son image par une belle communication, notamment sur internet, et bénéficie alors d’une 9eme place en notoriété qui lui a rapporté 3,92 millions d’euros.
Faites le calcul : Toulouse, grâce à une bonne méthode de communication, a touché 1 million d’euros supplémentaires, rien que sur ces primes, sans compter les retombées directes en terme de billetterie, merchandising et même valeur de contrats de joueurs.

Comme quoi, communiquer, ça rapporte vraiment !

Source de cet article : http://www.moustachefootballclub.com/articles/2011/6/repartition-des-droits-tv-de-ligue-1-:-le-drole-de-calcul-de-la-lfp.html